Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, la loi EGalim a rendu obligatoire la mise à disposition d'un contenant réutilisable ou recyclable pour emporter les restes sur demande du client, le fameux doggy bag. Cinq ans plus tard, beaucoup de clients ignorent encore qu'ils peuvent le demander, et beaucoup d'établissements ne s'y sont pas préparés : contenants absents, personnel non formé.
C'est surprenant, parce que cette obligation est simple à respecter et représente un levier anti-gaspillage immédiat. Ce guide fait le point en 5 minutes.
Ce que dit précisément la loi
L'article L541-15-7 du code de l'environnement, issu de la loi EGalim du 30 octobre 2018, prévoit que :
- Les restaurants et débits de boissons doivent fournir aux clients qui le demandent un contenant pour emporter leurs restes (aliments et boissons non consommés), sauf pour les offres à volonté
- Les contenants fournis doivent être réutilisables ou recyclables
Le client peut aussi utiliser son propre contenant. Pour la vente en vrac, le code de la consommation (art. L120-2) permet de refuser un contenant manifestement sale ou inadapté ; la même prudence vaut pour les restes.
La loi ne prévoit aucune contravention forfaitaire dédiée à ce jour : l'obligation repose sur l'article L. 541-15-7 du Code de l'environnement. Le risque est surtout commercial : un client à qui l'on refuse un contenant s'en souvient.
Où en est-on en 2026 ?
- Texte inchangé : l'obligation n'a pas évolué depuis le 1ᵉʳ juillet 2021.
- Information du client : rien ne l'impose, mais une mention sur la carte, l'addition ou en salle évite les malentendus.
- Attente des clients : pouvoir emporter ses restes devient un signe visible d'engagement contre le gaspillage.
Les 3 erreurs fréquentes qui mettent en faute
1. Ne pas être prêt quand le client demande
La loi impose de fournir un contenant au client qui le demande. Le proposer spontanément n'est pas obligatoire, mais c'est une bonne pratique : une mention sur la carte, une formation serveur, un petit panneau discret.
2. Utiliser des barquettes plastique à usage unique
Les contenants alimentaires en polystyrène expansé sont interdits (directive européenne 2019/904 sur les plastiques à usage unique), et le plastique jetable est à éviter. Les alternatives conformes : carton compostable, pulpe végétale, aluminium, contenants consignés réutilisables (type Ozarka, Pyxo, Barepack).
3. Facturer le contenant sans transparence
Vous pouvez facturer le doggy bag, mais le prix doit être affiché au même titre que les autres suppléments. Un « 0,50 € surprise » sur l'addition est requalifiable en pratique commerciale trompeuse.
Comment se mettre en conformité en 48 heures
- Choisir un contenant conforme : les boîtes en carton ou en pulpe végétale coûtent quelques dizaines de centimes pièce, selon le fournisseur.
- Former le service : une phrase simple, « Souhaitez-vous emporter ce qui reste ? », à la fin du repas, juste avant l'addition.
- Afficher la mention : un petit pictogramme ou une phrase sur la carte et l'addition (« Vos restes peuvent être emportés, demandez un contenant ») informe clairement vos clients.
- Tracer : comptabiliser le nombre de doggy bags par mois. C'est un KPI anti-gaspi exploitable en communication RSE.
Notre conseil
N'achetez pas un gros stock dès le départ. Commencez avec environ 200 contenants neutres, sans logo, pour mesurer la demande pendant un mois, puis personnalisez-les à votre marque une fois le rythme connu.
Une obligation qui se règle en 48 heures avec une phrase et une boîte en carton. C'est l'action rapide la plus sous-estimée du secteur.
Le bonus rarement calculé : l'impact business
Au-delà de la conformité, un doggy bag bien présenté peut avoir trois effets commerciaux :
- Une meilleure image : les clients apprécient l'attention anti-gaspi et le mentionnent parfois dans leurs avis.
- Moins de gaspillage en salle : les clients osent commander une entrée, un plat et un dessert quand ils savent pouvoir emporter.
- Différenciation zéro-coût : sur un marché urbain saturé, c'est un signal de sérieux RSE concret, plus efficace qu'une mention « produits de saison » noyée sur la carte.
Et les boissons entamées ?
L'article L541-15-7 couvre aussi les boissons non consommées. C'est moins connu. En pratique, rares sont les restaurateurs qui proposent d'emporter une bouteille de vin entamée, alors que c'est prévu par le texte et apprécié des clients.
La règle : boisson servie non finie = emportable sur demande, dans un contenant hermétique (bouchon stop-goutte ou bouteille reconditionnée).
À retenir
Le doggy bag est l'obligation anti-gaspillage la plus simple à mettre en œuvre. 48 heures de mise en conformité. Quelques centimes par couvert. Un effet sur la perception client et le gaspillage.
Si vous n'avez toujours pas sauté le pas, c'est probablement votre action rapide RSE de la semaine.